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QUELQUES  PENSÉES  SUR  LA  LUTTE  CHRÉTIENNE

 

André Gibert

 

Table des matières :

1     Une lutte inévitable

2     Sommaire de la lutte selon Éphésiens 6

3     Opposition radicale et intrinsèque du monde et de Satan par rapport aux enfants de Dieu

4     Deux fronts de combat, l’un céleste, l’autre terrestre

5     La stratégie de l’Adversaire

6     La lutte de Jésus ici-bas — notre modèle

7     Plus qu’un modèle : Christ en nous, source de victoire

8     Incapables de vaincre par nous-mêmes

9     L’ennemi est extérieur — Se préparer à l’avance pour le combat

10      Paresseux à écouter, ou instruits et obéissants ?

 

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest ; ME 1961 p. 113

 

«Notre lutte n’est pas contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes» (Éph. 6:12).

 

1                    Une lutte inévitable

Du moment que nous appartenons à Christ nous ne pouvons nous exempter de la guerre où il engage les siens contre Satan et les principautés et les autorités satellites de Satan. Cette lutte durera jusqu’au moment où le Dieu de paix brisera cet Adversaire sous les pieds des saints (Rom. 16:20). Il nous est opposé à la fois dans le ciel qui est devenu notre patrie mais où il se trouve encore, et dans le monde qui est présentement son domaine mais où nous nous trouvons encore.

 

2                    Sommaire de la lutte selon Éphésiens 6

Comme «puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes», il veut empêcher les chrétiens de s’approprier l’héritage que Dieu leur donne dans ces lieux où «Il nous a bénis de toute bénédiction spirituelle en Christ» (Éph. 1:3), et où Il nous «a fait asseoir ensemble dans le Christ Jésus» (2:6). C’est cet aspect du combat que l’on envisage le plus généralement quand on parle de la lutte d’Éph. 6. Comme Israël entré en Canaan nous avons à combattre pour jouir du ciel, mais par la foi, car nous sommes ici-bas au milieu des choses visibles, dans des corps d’infirmité, quoique nous possédions le Saint Esprit par lequel nous sommes unis à Christ glorifié. Quand nous serons introduits effectivement dans ces lieux célestes, avec des corps glorieux semblables au sien, il ne sera plus question pour nous de combat, Satan et ses anges seront chassés du ciel mais par les anges saints (Apoc. 12:9). Jusque-là il nous en dispute la jouissance, et il faut lutter pour prendre possession de ces biens encore invisibles mais d’un prix infini, qui constituent l’héritage conservé pour nous dans les cieux (1 Pier. 1:4).

 

3                    Opposition radicale et intrinsèque du monde et de Satan par rapport aux enfants de Dieu

Comme «dominateurs de ces ténèbres», les esprits sataniques agissent en maîtres dans le monde. Ces ténèbres sont celles du présent siècle. Satan est «le chef de l’autorité de l’air, de l’esprit qui opère maintenant dans les fils de la désobéissance» ; il est «le dieu de ce siècle», «le chef du monde» (Éph. 2:2 ; 2 Cor. 4:4 ; Jean 12:31 ; 14:30). Il est déjà jugé (Jean 16:11), mais il n’est encore ni lié ni détruit. Il étend sur le monde où nous vivons une autorité usurpée mais réelle, et que la mort de Jésus a en apparence consolidée. Il régit, même à leur insu, les autorités terrestres, dans la mesure où Dieu le laisse agir, pour les opposer à Christ aussi longtemps que celui-ci, caché à ce monde mais assis à la droite de Dieu, attend, — jusqu’à ce que ses ennemis soient mis pour marchepied de ses pieds. Or nous, chrétiens, qui sommes «dans le monde» sans être «du monde», nous reconnaissons comme Chef non point celui de ce monde mais Christ. Notre présence ici-bas est la preuve de la puissance victorieuse de ce Chef méconnu, et le Saint Esprit qui est dans le croyant «convainc le monde», en même temps que de péché et de justice, «de jugement, parce que le chef de ce monde est jugé» (Jean 16:8-11). Nous marchions autrefois «selon le siècle» (ou «le train de ce monde», c’est le même mot), et nous en avons été arrachés. Nous sommes laissés ici-bas pour servir Dieu, que nous avons le privilège d’adorer comme Père. Satan ne peut tolérer cela. Chaque fois qu’une âme est amenée des ténèbres à la lumière, elle passe du pouvoir de Satan à Dieu (Actes 26:18). Chaque fois que la mort du Seigneur est annoncée, la défaite de Satan est proclamée. Partout où brille la vraie lumière, elle dit que «le Fils de Dieu a été manifesté afin qu’Il détruisît les oeuvres du diable» (1 Jean 3:8). Comment l’ennemi supporterait-il toutes ces atteintes à son pouvoir ? Christ dans le ciel a son corps sur la terre, — des membres de Christ dans le domaine de Satan ! Comment celui-ci le souffrirait-il ? Comment ne s’opposerait-il pas, de toute sa violence et de tous ses artifices, selon le cas, à la vie divine se montrant ici-bas ? Il n’est pas question pour nous de conquérir le monde, mais d’y manifester, en tant qu’«enfants d’obéissance», que son «train» est celui de la désobéissance à Dieu sous l’action de Satan, que son chef est jugé et lui avec son chef, et que Dieu établira son royaume à Lui au temps voulu.

 

4                    Deux fronts de combat, l’un céleste, l’autre terrestre

La jouissance d’un Christ céleste par des gens célestes, et un témoignage rendu par eux à ce Christ dans le monde qui l’a rejeté, tel est le principe même de «notre lutte». S’il y a deux fronts, c’est bien une même et seule guerre, pour laquelle nos armes ne sont pas charnelles mais spirituelles (2 Cor. 10:3, 4). Les armes de la chair, soit les procédés et les moyens en usage dans ce monde, ne peuvent être pour nous que comme l’armure de Saül pour David, qu’elle empêchait de marcher (1 Sam. 17:38-39). Lutter, pour le chrétien, c’est, alors qu’il est dans ce corps, et parmi ce monde, être comme quelqu’un qui vit déjà du ciel auquel il appartient, et qui, par là, est constitué étranger sur la terre.

 

5                    La stratégie de l’Adversaire

Aussi, bien que ses tactiques soient nombreuses et diverses, toute la stratégie de l’Adversaire tend à une seule et même fin : nous faire perdre de vue notre part céleste et nous dépouiller ainsi de notre caractère céleste. Un chrétien qui ne vit pas en chrétien ne le dérange pas, au contraire, et il le laissera tranquille. Ce qu’il veut, c’est amener des «bourgeois des cieux» à vivre en gens «dont les pensées sont aux choses terrestres» (Phil. 3:19, 20). Pour cela il cherche sans cesse à nous faire broncher, soit en nous intimidant et nous décourageant, soit en nous séduisant, de façon à nous rendre «conformes à ce siècle». Il ne nous persuade que trop aisément, hélas, à nous associer au monde ! Mondaniser le christianisme et les chrétiens, telle est sa tâche. Il pare son domaine passager des trophées qu’il remporte sur les pauvres combattants que nous sommes. En fin de compte il travaille à nous détacher de Christ. Il s’y acharne d’autant plus qu’il sait que son temps est court, et qu’il ne peut rien contre le Chef lui-même, qui l’a vaincu.

6                    La lutte de Jésus ici-bas — notre modèle

Jésus a vaincu l’ennemi d’abord durant sa vie d’homme ici-bas. Il a soutenu avant nous, comme homme dépendant et parfait, la lutte que nous avons à affronter, et Il est notre modèle. Sa lutte, à Lui non plus, n’était «pas contre le sang et la chair». Il avait bien toute puissance sur les hommes de sang et de chair (il l’a montré en faisant d’un mot reculer et tomber à terre ceux qui venaient le prendre en Gethsémané ; Jean 18:6), de même qu’il avait toute puissance sur les éléments naturels (comme il l’a montré maintes fois, par exemple en arrêtant la tempête). Mais sa lutte était «contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes». Il n’a jamais combattu les autorités humaines, ni permis à ses disciples de le faire. «Mon royaume n’est pas de ce monde», dit-Il à Pilate. Vis-à-vis des hommes tout était de sa part bonté, amour, paix ; ses pieds ont toujours été «chaussés de la préparation de l’évangile de paix» ; «Dieu était en Lui, réconciliant le monde avec Lui-même, ne leur imputant pas leurs fautes» (2 Cor. 5:19). Si finalement c’est l’épée qu’il s’est trouvé avoir apportée sur la terre (Matt. 10:34), c’est parce que les hommes n’ont pas voulu de lui, le Prince de paix. Il venait les sauver et non les combattre. Il combattait contre Satan.

L’Adversaire, après avoir cherché en vain à se débarrasser de Lui aussitôt après sa naissance, le tente au début de sa carrière. Mais Jésus pénètre victorieusement dans le domaine de cet homme fort et, l’ayant défait lors de cette tentation au désert, il a pillé ses biens, chassant les démons, délivrant «ceux que le diable avait asservis à sa puissance ; car Dieu était avec Lui» (Actes 10:38). Les armes qu’il a employées pour vaincre étaient celles que Dieu met à la disposition de l’homme, celles avec lesquelles nous sommes appelés maintenant à combattre.

«L’armure complète de Dieu» (Éph. 6:13) a été la sienne ; toute sa vie, il l’a portée sans jamais s’en dessaisir, et il en a démontré l’excellence. Nous le voyons manier la Parole de Dieu (1), épée de l’Esprit, la Parole telle que tout homme pouvait l’employer, — et prier (2) continuellement par le même Esprit. Nous le voyons ceignant (3) ses reins de force par cette vérité de Dieu à laquelle il était venu rendre témoignage (Jean 18:37), — revêtant la cuirasse de la justice (4), Lui qui n’a rien fait qui ne se dût faire, — chaussant ses pieds (5) du plus saint dévouement aux âmes, quand Il passait de lieu en lieu faisant le bien, — prenant le bouclier d’une foi (6) toujours vigilante, Lui le chef et le consommateur de la foi, — marchant enfin la tête haute sous le casque (7) d’une confiance assurée dans le salut de Dieu (És. 50:7). Quel modèle du combattant sans défaut ! Tout était en ordre en lui à l’intérieur, de sorte que cet homme était invincible. Il a souffert, étant tenté, mais il a toujours triomphé. L’armure ne le quittait pas. Il a montré sans cesse et partout les caractères moraux de quelqu’un qui vivait, marchait, agissait uniquement selon la volonté de Dieu.

Et maintenant, pour nous, revêtir l’armure de Dieu, est-ce autre chose qu’opposer à Satan les traits de Christ Lui-même, et manifester dans la pratique que nous avons «revêtu le nouvel homme qui est renouvelé en connaissance selon l’image de celui qui l’a créé», savoir Christ (Col. 3. 10) ?

 

C’est seulement ainsi que les siens peuvent poursuivre cette lutte pour Dieu, dont la responsabilité, l’honneur, et les souffrances, leur échoient maintenant.

7                    Plus qu’un modèle : Christ en nous, source de victoire

On dira : Mais nous affrontons le combat dans des conditions bien différentes des siennes ! C’est vrai, et il est de toute importance de bien considérer cela : plus nous le ferons, plus nous serons non point détournés de la lutte, mais fortifiés pour la soutenir.

En effet, si Jésus était seulement pour nous le modèle du combattant, en vain nous évertuerions-nous à l’imiter. Même sauvés nous avons la chair en nous tant que nous sommes ici-bas, et Satan a prise sur le vieil homme. Que de fois avons-nous à constater, à notre honte, que nous sommes vaincus dès qu’il réussit à le mettre en action ! Il a toujours vaincu la descendance d’Adam. Aussi, lorsque Jésus s’est avancé contre lui, Il allait, tel David contre Goliath, à la rencontre d’un ennemi devant lequel aucun homme n’avait pu tenir.

Mais il l’a vaincu, totalement. S’il ne l’avait vaincu que pour Lui-même, sa vie ici-bas aurait seulement démontré (et elle l’a fait, à la gloire de Dieu !) ce qu’un homme parfaitement obéissant peut faire ; et notre propre incapacité n’en apparaît que plus grande. Mais il l’a vaincu ensuite pour nous, qui ne pouvions vaincre. Il l’a vaincu par sa mort sur la croix. Après avoir été le modèle inimitable, il a été le puissant sauveur.

Nous avons affaire maintenant à un ennemi vaincu en dehors de nous, mais pour nous. Nous restons sans force propre devant lui, mais lui est sans force devant Christ en nous. Jésus mort et ressuscité nous donne une vie sur laquelle Satan ne peut rien. Pas plus qu’il n’avait pu empêcher Jésus d’être l’homme parfait, l’ennemi n’a pu l’arrêter dans l’accomplissement de notre rédemption. Quand il venait en Gethsémané avec la frayeur de la mort, Jésus a pris la coupe non de sa main mais de celle de son Père, et ensuite toute la puissance de Satan a été vaincue. «Ayant dépouillé les principautés et les autorités, il les a produites en public, triomphant d’elles en la croix» (Col. 2:15). Ressuscité, il est allé au ciel, à la droite de Dieu, anges et principautés lui étant soumis (1 Pierre 3:22 ; Éph. 1:20, 21).

La vie qu’il nous donne est cette vie de résurrection, et c’est le soir de sa résurrection qu’Il envoie ses disciples dans le monde, en leur disant : «Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie» ; mais, «ayant dit cela, il souffla en eux, et leur dit : Recevez l’Esprit Saint» (Jean 20:21, 22). L’ennemi ne peut tenir tête à la puissance qui l’a vaincu. Satan n’est pas encore chassé du ciel et il n’est pas encore brisé sous les pieds des saints, mais il le sera, et dès maintenant il est sans force non seulement vis-à-vis de Dieu — comme il en a toujours été — , mais vis-à-vis de ceux qui peuvent désormais «se fortifier dans le Seigneur et dans la puissance de sa force». Cette puissance a opéré en ressuscitant Christ d’entre les morts. Christ est proclamé vainqueur de Satan et du monde, la foi s’empare de cette glorieuse réalité — «la puissance de Sa résurrection» — , et elle triomphe. «C’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi. Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?» (1 Jean 5:5).

Ainsi ce n’est pas seulement que le croyant peut tenir l’ennemi pour vaincu, mais la foi apprend le secret de la puissance qui a opéré la victoire ; c’est «la puissance de la force de Dieu» (Éph. 1:19 ; 6:10). Et c’est en elle que le croyant est exhorté à se fortifier. Le secret est hors de nous-mêmes ; c’est toujours en dehors de nous que la foi regarde. «Nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés» (Rom. 8:37) : l’objet est Christ glorifié après avoir tout accompli.

8                    Incapables de vaincre par nous-mêmes

Or, se glorifier dans la victoire remportée par un autre et par une autre puissance que la nôtre, revient à reconnaître et confesser notre propre impuissance. Paul se glorifiait dans son infirmité «afin que la puissance de Christ demeurât sur lui», c’est pourquoi il pouvait dire que quand il était faible alors il était fort (2 Cor. 12:9, 10).

Il nous faut regarder cela de plus près encore. Être incapables de vaincre par nous-mêmes, cela signifie que laissés à nous-mêmes nous sommes et serions toujours vaincus. La triste vérité quant à notre état de nature est que la «chair» est non seulement terrassée par Satan, mais alliée de Satan. La chute a fait l’homme le complice aussi bien que la victime de cet adversaire. «La pensée de la chair est inimitié contre Dieu» (Rom. 8:7). Aussi la chair a-t-elle reçu sa condamnation quand et là où Satan a été vaincu, — à la croix. Elle a été placée là dans la mort. Notre condition d’homme en Adam finit là pour Dieu. Christ est mort pour nous, et nous sommes morts avec Lui. Quelle grâce qu’il en soit ainsi !

Voilà ce dont la foi s’empare aussi. De même qu’elle sait l’ennemi vaincu et jugé bien qu’il agisse encore et soit même encore dans le ciel, de même elle reçoit la Parole qui dit aux croyants : «Vous êtes morts», bien que la chair soit toujours là, que «le vieil homme» ait toujours ses «membres sur la terre» et qu’ils soient même appelés «nos membres», savoir les convoitises qui demeurent en nous.

Ce qu’il nous faut, c’est, après avoir saisi par la foi que «nous sommes morts», en être pénétrés, de par la même foi, dans notre vie pratique. Et cela d’autant plus que l’ennemi est riche en artifices et que, tout en ayant bien la pensée que la puissance de Satan a été vaincue à la croix, nous nous laissons facilement envelopper par ses ruses. Il s’agit de «mortifier nos membres qui sont sur la terre» (Col. 3:5-7), sans quoi il n’est pas question de revêtir l’armure et encore moins de combattre victorieusement. L’ennemi a prise sur le vieil homme, il faut lui appliquer la mort de Christ. Il n’en a point sur le nouvel homme, parce qu’il n’en a point sur Christ. La grande affaire pour nous est d’être occupés de Christ.

9                    L’ennemi est extérieur — Se préparer à l’avance pour le combat

Le vrai combat chrétien, celui d’Éph. 6, n’est donc pas ce combat intérieur de l’homme déjà régénéré mais que déchire encore la constatation répétée que le vieil homme survit en lui (Rom. 7) ; il est autre chose aussi que l’antagonisme perpétuel entre l’Esprit et la chair de Galates 5:16, 17. Il n’est question de Satan ni en Romains 7 ni dans les Galates. C’est contre un ennemi extérieur qu’a lieu la lutte d’Éph. 6, «notre lutte». Elle suppose que le croyant en a fini avec lui-même. L’armure est revêtue en proportion de l’ordre intérieur de nos âmes ; c’est une disposition de coeur et d’esprit réalisée dans la simplicité de la foi, le jugement de nous-mêmes et la communion avec Christ, une disposition telle que l’on n’est pas surpris quand l’ennemi est là. Comme on l’a souvent dit, ce n’est pas au moment de combattre qu’il faut revêtir l’armure mas à l’avance, dans la perspective du combat.

Ni la force ni les moyens ne manquent, puisque c’est la puissance de la force de Dieu, et l’armure de Dieu, pour le combat de Dieu ; mais ils ne sont pas en nous, et il nous faut les chercher en Christ, en qui Dieu les donne. Si nous sommes si souvent pris au dépourvu, en défaut d’une pièce de l’armure sinon de l’armure entière, n’est-ce pas parce que nous sommes occupés de nous-mêmes, et non pas de Lui ?

10               Paresseux à écouter, ou instruits et obéissants ?

Redisons-le encore une fois, tous les caractères moraux que représentent les différentes parties de la panoplie de Dieu sont ceux du nouvel homme, ceux de Christ. Qu’il nous soit accordé de les opposer victorieusement à l’ennemi que Christ a vaincu.

Ces vérités étaient familières aux fidèles des générations de témoins que nous sommes appelés à continuer en attendant le Seigneur. D’où vient qu’aujourd’hui elles paraissent souvent ardues, et comme lointaines ? N’est-ce pas que nous sommes «devenus paresseux à écouter» (Héb. 5 :11), et que la «parole de la justice» (Héb. 5 :13) nous est moins connue ? L’appétit se perd quand le corps s’affaiblit faute de nourriture, et l’affaiblissement s’en accélère. Ce ne sont pas là des doctrines stériles, mais fécondes, et elles sont fondamentales. L’apôtre pouvait rendre témoignage aux chrétiens de Rome qu’ils avaient «obéi de coeur à la forme de doctrine dans laquelle ils avaient été instruits» (Rom. 6:17). Laissons la grâce nous instruire par la Parole de Dieu, et sachons obéir. C’est le propre du vrai combattant, et le secret de la victoire. (*)

(*) Nous ne saurions trop recommander, entre beaucoup d’écrits sur cet important sujet, le traité « L’Armure » de HR