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PUISSANCE  DU  SAINT  ESPRIT

 

 

ET  SEIGNEURIE  DE  CHRIST

 

 

Quelques pensées sur 1 Corinthiens 12

 

 

André Gibert

Plan et sous-titres ajoutés par ; ME 1963 p. 141

Table des matières :

1     Baptême du Saint Esprit

2     Activité et puissance du Saint Esprit

3     Un but : glorifier Christ — Christ est Seigneur

4     Vie du corps et action effective de l’Esprit

5     Conclusion : exhortation individuelle

 

 

1                    Baptême du Saint Esprit

Toute la vie de l’Assemblée de Dieu sur la terre dépend de ce grand fait que rappelle le v. 13 de 1 Corinthiens 12 : «nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps», «et nous avons tous été abreuvés pour l’unité d’un seul Esprit». L’Esprit Saint est toujours, cela va sans dire, la même Personne divine, mais Il n’est pas vu ici comme l’agent qui communique la nouvelle vie, ni comme l’élément vital de la communion des saints avec le Père et le Fils (*). C’est l’Esprit Saint venu ici-bas, comme «puissance d’en haut», pour revêtir de cette puissance les disciples de Christ et pour former les croyants en un corps, «un seul corps», «le corps de Christ», «le Christ» (Luc 24:49, Actes 1:8 ; 1 Cor. 12:27, 12). Il en est ainsi soit que l’on considère l’Église dans son ensemble, soit qu’on ait en vue, comme dans ce chapitre et tout particulièrement dans les versets 27 à 31 («Vous êtes...»), son expression dans un endroit donné.

(*) Il est envoyé par le Père au nom du Fils (Jean 14:15, 26), et envoyé par le Fils d’auprès du Père (Jean 15:26 ; 16:7).

Ce baptême, savoir l’effusion de l’Esprit Saint sur les croyants comme corps, a eu lieu à la Pentecôte : le corps n’a pu être formé, qu’une fois la Tête glorifiée, mais il l’a été alors sans délai. Il s’est accrû depuis, et renouvelé sur la terre dans ses membres, d’une génération à l’autre, mais sans cesser d’être le même corps : le Saint Esprit y est demeuré, Il est là, Il habite dans chaque croyant, lequel accède au divin bienfait de ce baptême en étant «scellé par le Saint Esprit après avoir cru» (Éph. 1:13), de sorte que le corps de Christ ne se compose que de croyants ; les professants sans vie n’en font pas partie.

 

2                    Activité et puissance du Saint Esprit

Il ne peut y avoir d’activité selon Dieu dans l’Église en dehors de cet Esprit Saint. Toute séparation véritable d’avec ce monde procède de Lui, et Il agit toujours dans cette séparation et en vue de la produire ou de la maintenir. Il ne peut en effet être mêlé à l’esprit du monde : Sa présence ici-bas est la condamnation du monde (Jean 14:17 ; 16:8, 11). Et si l’Église manifeste si peu la vie divine, si elle s’est mélangée au monde et si nous sommes si indigents dans le service et le témoignage, cela veut dire que cette action de l’Esprit est entravée et supplantée par l’esprit de ce siècle. L’homme a pris de l’autorité dans le domaine des choses de Dieu, aux dépens de l’autorité de l’Esprit, à qui il appartient, comme «le seul et même Esprit», d’ordonner toutes les activités diverses en «distribuant à chacun en particulier comme il Lui plaît».

Sa puissance est la toute-puissance divine : le Saint Esprit est Dieu. Mais elle est donnée et reçue dans l’homme, constitué serviteur pour Dieu. Il en a été ainsi pour Jésus, qui a été oint du Saint Esprit, puis conduit par Lui, poussé par Lui au désert pour être tenté par le diable, et qui s’en est retourné en Galilée pour entreprendre son ministère «dans la puissance de l’Esprit» (Matt. 4:1 ; Marc 1:12 ; Luc 4:1, 14). Jésus a été ensuite, durant tous les jours de sa chair, le vase et l’instrument parfaits de l’Esprit, Lui seul a pu l’être, dans son obéissance absolue, constante, et son abaissement jusqu’à la mort de la croix (Actes 10:38). Maintenant que cet Homme parfait, ayant accompli la rédemption, a été glorifié en haut, Il a «reçu des dons dans l’homme» et «a donné des dons aux hommes» (Ps. 68:18 ; Éph. 4:8) (*). Il a d’abord «reçu de la part du Père l’Esprit Saint promis», pour le donner à l’Église (Actes 2:33), et Il continue et continuera jusqu’au bout, tant que l’Église sera sur la terre, de fournir à cette Église les dons nécessaires (Éph. 4), que cet Esprit qui est aussi sur la terre, dans l’Église, distribue «comme il Lui plaît» (1 Cor. 12). Les croyants, membres de son corps, sont le lieu où se déploie la puissance de l’Esprit, dans la diversité des dons de grâce, pour une diversité de saints services, sous le même Seigneur, selon la volonté de Dieu, qui, si diverses que soient les opérations, «opère tout en tous» (v. 4-6).

(*) Il «reçoit les dons comme homme, dans l’homme et pour les hommes» (Notes sur l’Épitre aux Éphésiens, Mess. Év. 1888, p. 130).

 

3                    Un but : glorifier Christ — Christ est Seigneur

Et en vue de quoi se fait un tel déploiement ? En vue de la gloire de Christ. C’est l’office du Saint Esprit (Jean 16:14) que de glorifier «ce Jésus» que les hommes ont crucifié et que Dieu «a fait Seigneur et Christ», Celui qui, étant le Fils de Dieu, pour glorifier le Père est venu comme fils de l’homme, et qui, étant fils de l’homme, a été glorifié comme tel auprès du Père de la gloire que le Fils de Dieu avait auprès de Lui avant que le monde fût.

Nous ne pourrons assez méditer là-dessus : le grand fait, dont il a été question plus haut, de la présence ici-bas du Saint Esprit dépend lui-même de cet autre que Jésus Christ est Seigneur. Il a été ici-bas en forme d’esclave, Il a appris l’obéissance par les choses qu’Il a souffertes, Il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix, «c’est pourquoi» Il est «Seigneur, à la gloire de Dieu le Père». Aussi l’autorité du Saint Esprit dans l’assemblée est-elle là pour régler toutes choses avec puissance comme avec amour et avec conseil, mais sous la seigneurie de Christ et en proclamant cette seigneurie. Les services divers relèvent du «même Seigneur», les serviteurs ont un seul et même maître, en vue de la gloire duquel le Saint Esprit agit selon le propos de Dieu. Le trait distinctif de l’Esprit de Dieu est que «nul ne peut dire : Seigneur Jésus», si ce n’est par Lui (v. 3).

N’oublions jamais que l’Esprit de puissance ne relâche jamais son lien avec la gloire de Christ, et que cette puissance s’exerce pour honorer Christ. La puissance des hommes sert toujours, elle, la gloire de l’homme, du vieil homme, et ce qui rend si odieuse pour Dieu l’infidélité de l’Église c’est que l’homme vient dans la maison de Dieu pour dérober la gloire de Christ et s’en parer. L’assemblée n’a d’autorité, et dans l’assemblée aucun membre n’a d’autorité, sinon celle de Christ, le Seigneur glorifié dans le ciel, et que l’Esprit Saint glorifie en puissance sur la terre.

 

4                    Vie du corps et action effective de l’Esprit

Que pouvons-nous désirer, que demander, sinon d’être remplis de l’Esprit, d’être spirituels et non charnels, de telle sorte que le corps de Christ fonctionne, chacun y tenant sa place et son rôle, accomplissant le travail qui lui est départi ? Sinon tout l’ensemble souffre, et le Seigneur est déshonoré.

Nous dépendons les uns des autres de la même manière que les membres du corps entre eux : cela n’a de sens que pour un corps vivant, cela n’en aurait aucun pour un cadavre. Nous dépendons les uns des autres, mais non pas comme les rouages d’une mécanique inconsciente, ni non plus à la façon d’une association humaine étrangère à la vie de Dieu. La vie du corps de Christ est celle de l’Esprit de vie, et nous dépendons les uns des autres comme ayant «été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps». Aucun chrétien ne peut se retirer du corps de Christ. Ce n’est pas davantage à nous de choisir notre activité, de nous prévaloir d’une fonction, de prétendre à tel ou tel don, et ce n’est pas à notre guise que nous avons à mettre en valeur ce que nous avons reçu. Hélas, nous sommes naturellement enclins à agir selon nos préférences et à notre propre satisfaction, soit que notre orgueil trouve son compte à exercer une action en vue, soit qu’il craigne la critique ou, l’opposition et que nous refusions d’exercer notre fonction sous un prétexte mensonger d’humilité ! L’obéissance met chacun à sa place dans la vraie humilité et dans la vraie hardiesse à la fois. C’est pour nous une question de dépendance. Dans une assemblée le rôle capital peut être joué par un frère ou une soeur sans aucun relief mais qui dépendent du Seigneur et sont assidus à prier ; une parole de sagesse à propos dite par eux, une simple attitude quelquefois, dans le silence, peuvent suffire à encourager les uns et refréner les autres, pour la bonne marche de l’assemblée. On l’a dit souvent, les organes essentiels à la vie de notre corps sont les plus cachés.

«À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue de l’utilité» (v. 7). L’Esprit de Dieu agit selon Dieu et sait ce qui est utile, en fin de compte ce qui glorifie Christ. L’esprit animal se trompe, si bien intentionné qu’il puisse se croire. Comme Pierre il tire l’épée à contre-temps.

Le désordre actuel montre à quel point le Saint Esprit est attristé, dans toutes les sphères de ce qu’il faut bien appeler, hélas, le monde chrétien, en fait, la grande maison de 2 Tim. 2. Mais cela ne donne pas à quelque membre du corps (c’est-à-dire tout vrai chrétien) que ce soit, la moindre excuse à ne pas garder sa place avec dépendance. Chacun a son utilité propre, que nul ne peut avoir pour un autre, et cette utilité est celle de l’ensemble. À chacun de nous correspond une «manifestation de l’Esprit». Le fidèle peut être affligé en voyant les autres ne pas répondre à ce qui leur est demandé, mais, si empressé qu’il doive être à aider ses frères (car le corps est disposé de telle façon «que les membres aient un égal soin les uns des autres»), il a à répondre pour lui-même du service que le Seigneur lui assigne, et pour lequel l’Esprit lui confie un don particulier. C’est son privilège d’obéir en tout et malgré tout ; sa foi trouvera toujours le chemin et l’issue préparés, dans la voie «plus excellente» de l’amour.

 

5                    Conclusion : exhortation individuelle

Prenons cela à coeur, bien-aimés. C’est affaire de coeur en effet, et tout autant affaire de conscience. Des affections pures pour «notre Seigneur Jésus Christ» (Éph. 6:24) ne souffrent pas que ce nom béni soit associé au mal. Le sentiment de l’honneur dû à ce nom ne supporte pas davantage les oeuvres les plus éclatantes faites sans amour. Que le «fruit de l’Esprit» soit vu parmi nous (Galates 5:22). Dieu nous continue encore la faveur sans prix de nous réunir comme assemblée de Dieu, — et il n’y a qu’une assemblée de Dieu, un seul corps, comme il n’y a qu’un seul Esprit. Gardons-nous d’en faire une association humaine, aussi pleine de «bonnes volontés» qu’on la puisse souhaiter. L’Esprit Saint est ici-bas pour glorifier Christ. Ne voulons-nous pas Lui laisser la liberté de son action, sans laquelle il sera vain d’attendre l’ordre et la bienséance, l’édification et le témoignage, la joie et la paix ?